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Années 1960

Années 1960

ko:1960년대 ja:1960年代 simple:1960s Catégorie:Décennie On trouve parfois en français la dénomination anglo-saxone : les sixties, compte tenu du rayonnement économique et culturel des États-Unis du Royaume-Uni au cours de cette décennie.

Événements


- Guerre du Viêt Nam
- Printemps de Prague
- Guerre d'Algérie
- Mai 1968

Personnages significatifs


- Charles de Gaulle
- Konrad Adenauer
- John F. Kennedy
- Martin Luther King
- Les Beatles
- The Rolling Stones

Inventions, Découvertes, Introductions


- Conquête de l'espace, premier homme sur la Lune __NOTOC__

Catégorie:Décennie

ja:Category:10年紀 Catégorie:Date

Royaume-Uni

|- valign="top" | Reine | Élisabeth II |- valign="top" | Premier ministre | Tony Blair |{{{{{{{{{{{{commons|Category:United Kingdom|le Royaume-Uni{wikitravel|les Royaume-Uni|Royaume-Uni{fr{en{en{fr{Pays d'Europe (UE)

Guerre du Viêt Nam

La guerre du Viet Nâm, aussi appelé La Deuxième Guerre de l'Indochine fut un conflit entre la République Démocratique du Viet nâm (DRVN, ou Viet nâm du Nord), alliée avec le Front National pour la Libération du Viet nâm (NLF ou Viêt-Cong) contre la République du Viet Nâm (RVN, ou Viet nâm du Sud), et ses alliés, plus notamment les États-Unis, qui soutinrent le Sud avec des forces de combats entre 1965 et 1973. Après l'echec de la tentative Française de recoloniser l'Indochine en 1954 à cause de l'opposition du Viêt-minh à la bataille de Diên Biên Phu, le pays fut coupé en deux par une zone démilitarisée (DMZ) d'après la Conférence de Genève. Chaque partie du Viet Nâm moderne fut occupée par des gouvernements d'idéologies et de politiques opposées. Les élections qui devaient avoir lieu d'après la Conférence de Genève ne se sont jamais produites dans le Sud, et la guerre du Viet Nâm commença comme une guerre civile — une guerre qui déterminerait si le Viet nâm resterait définitivement séparé ou s'il deviendrait unifié sous la DRVN. Les combats commencèrent en 1957, avec un support et des interventions sino-soviétiques et surtout américaines. Le Viet nâm du Sud et ses alliés ont fait du conflit une image basée sur des principes et une stratégie anti-communiste : il fallait limiter l'expansion du communisme (la théorie de dominos américaine) à travers l'Asie du Sud. Le Viet Nâm du Nord et le Viêt-Cong ont fait du conflit l'image d'une lutte pour réunifier le pays et pour repousser une agression étrangère impérialiste : une continuation de la Première Guerre de l'Indochine qui était pour une indépendance de la France. Après quinze ans de combats et de morts civiles et militaires colossales, l'intervention majeure et directe des États-Unis a fini avec les Accord de Paix de Paris en 1973. Les combats entre le Viet Nâm du Sud contre le Nord dominant avec la participation de l'Armée Populaire du Vietnam (PAVN) et le Viet Cong ont fini avec la chute de Saigon. Avec la victoire du Nord, le Viet Nâm fut uni comme la République Socialiste du Viet Nâm avec un gouvernement essentiellement communiste basé à Hanoi. Enfin, cette guerre s'inscrit dans le contexte plus général de la guerre froide, conflit « larvé » entre le bloc dit capitaliste et le bloc dit communiste.

Origine du conflit, l'après-guerre d'Indochine

La guerre trouve son origine lointaine dans le conflit (1946-1954) qui opposa la France au Viêt-minh, ou Ligue pour l'Indépendance du Vietnam, fondé et dirigé par le leader révolutionnaire Hô Chi Minh. Occupé par les troupes japonaises durant la Seconde Guerre mondiale, jusqu'en août 1945, profitant du vide créé par la reddition du Japon, les guérilleros du Viêt-minh s'emparèrent de la capitale, Hanoi, et obligèrent l'empereur Bao Dai à abdiquer. La reconquête par la France de son ancienne colonie, en 1945-1946, puis l'impossibilité pour le Viêt-minh et pour le gouvernement français de s'accorder sur l'indépendance du Vietnam, conduisit, en décembre 1946, au premier conflit indochinois, connu sous le nom de première guerre d'Indochine. La bataille décisive eut lieu au printemps 1954 lorsque le Viêt-minh attaqua le camp retranché français de Diên Biên Phu, dans le nord du Vietnam. Le 8 mai 1954, après un siège de cinquante-cinq jours, les Français capitulèrent. Le même jour, à Genève, les délégués du Vietnam du Nord et du Vietnam du Sud rencontrèrent les délégations de la France, du Royaume-Uni, de l'Union soviétique, des États-Unis, de la Chine Populaire et des deux États voisins, le Laos et le Cambodge, afin de discuter du futur de toute l'Indochine. Aux termes des accords signés à Genève au mois de juillet 1954, la France et le Vietnam du Nord mirent fin à la guerre. L'indépendance du Laos, du Cambodge et du Vietnam était reconnue, ce dernier étant partagé en deux zones de part et d'autre du 17ème parallèle. La réunification du pays pourrait intervenir après des élections générales, qui devaient être organisées dans un délai de deux ans, et la constitution d'un gouvernement. Le pays devait être réunifié après des élections prévues en 1956. Ces élections n'ont jamais eu lieu, le Vietnam deviendra le quatrième pays communiste dès 1956. Le gouvernement de la République du Viêt Nam du président Ngô Ðình Diệm, avec le soutien du président américain Eisenhower, annula ces élections (car il craignait sûrement que Hô Chi Minh ne les gagne). Il était considéré comme un héros par beaucoup de Vietnamiens pour son rôle dans la guerre d'indépendance. De plus, les communistes ne voulaient pas tenir des élections libres dans le Nord.

L'engagement américain contre la guérilla du Viêt cong

Eisenhower Eisenhower En réponse au refus d'organiser des élections de réunification et à la politique répressive de Diem, le Front national de Libération du Sud Vietnam (FNL ou Viêt-cong tous ceux qui combattent pour le communisme, cong = communiste, y compris pour les combattants du nord) est créé par le communiste du nord vietnam, comme mouvement de guérilla en opposition au gouvernement du Sud Viêt Nam, sous les propagandes : « combattre contre l'occupation de l'Américain pour libérer du pays ». L'implication des États-Unis dans la guerre est progressive, elle s'accélère à partir de novembre 1963, après l'assassinat de Ngo Dinh Diem, Président du sud (qui etait contre l'intervention directe des américains). Cette implication grandissante est motivée par la peur des menaces de l'élargissement du communisme. Il n'y aura pas de déclaration de guerre formelle, mais en 1964, le Congrès des États-Unis approuve la résolution du golfe du Tonkin (7 août 1964) (du nom du lieu où eurent lieu les « incidents du Golfe du Tonkin» les 2 et 3 août 1964), qui apporte un large soutien au Président Johnson pour une implication américaine accrue. En 1968, plus de 500 000 soldats stationnent sur place et le tribut des soldats américains tués, tel que rapporté chaque jeudi aux informations du soir, est de plus de 100 morts par semaine.

Intervention Chinoise et Soviétique au Nord Vietnam

Le porte parole du Ministère de la république populaire de Chine des Affaires Etrangères a confirmé en 1996 que, sur demande du gouvernement communiste nord vietnamien, la Chine avait envoyé entre Aout 1965 et Aout 1973, environ 320 000 soldats de l'armée populaire de libération pour aider le Nord Vietnam dans les tâches de défense aérienne, de génie militaire et de logistique. Il confirme aussi que plus de 1 400 soldats chinois avaient été tués et 4 200 blessés gravement. Les premières unités chinoises présentes sur le sol vietnamien étaient composées de deux divisions d'artillerie anti-aériennene et un régiment indépendant, les rotations des troupes s'ensuivirent et elles étaient assignées à la défense des secteurs stratégiques. Au cours de la guerre, les 150 000 hommes des divisions AA (16 divisions AA, 63 regiments AA et quelques bataillons indépendants) ont pris part, selon les autorités chinoises, à 2 153 engagements, ont abattu 1 707 avions et endommagé 1 608 autres appareils. Les 100 000 hommes du génie sont intervenu 1 778 fois dans la réparation de chemin de fer; construit 7 grandes routes, 305 ponts, 4 441 tunnels, 2 aéroports, 9 ports maritimes, 123 points fortifiés permanents, 15 lignes de communication sous-marines. La marine chinoise était egalement présente : les dragueurs de mines ont nettoyé une surface de 201 km². En outre, la Chine a fourni 20 milliards de dollars d'aide militaire et financière au gouvernement nord-vietnamien. Des dossiers soviétiques partiellement déclassifiés démontrent que 6 359 officiers et généraux de ce pays ont agi comme conseillers militaires et ont pris part aux opérations de combats (surtout dans la défense anti-aérienne).

L'offensive du Têt et la désillusion de la population américaine

La foi du public américain en la « lumière au bout du tunnel » est balayée en 1968, quand l'ennemi, supposé être sur le point de s'effondrer, organise l'Offensive du Têt. Giap, en charge des opérations vietcong, lance la quasi-totalité de ses effectifs dans la bataille (environ 230 000 hommes). Cette offensive, du point de vue militaire fut une défaite : sur 105 villes visées par les Viêt-congs aucune ne fut prise complètement, au moins 180 000 tués du côté vietcong, le FNL revient à son niveau d'effectifs d'avant l'offensive dans le courant de l'année 1972. Du point de vue politique, ce fut une victoire. Giap Il y avait déjà un faible mouvement d'opposition à la guerre dans certaines parties des États-Unis, dès 1964, spécialement sur certains campus universitaires. Ceci se déroule durant une période jusqu'alors inconnue d'activisme estudiantin de gauche, et par l'arrivée, en nombre significatif, des baby boomers en âge d'entrer à l'université. La Seconde Guerre mondiale s'était terminée en 1945, et la Guerre de Corée en 1953 ; ainsi la plupart d'entre eux, sinon tous les baby boomers, n'ont jamais été exposés à la guerre. De plus, la guerre du Viêt Nam reçoit une couverture médiatique d'une intensité sans précédent - elle fut appelée la première guerre télévisée - ainsi qu'une opposition aussi bruyante de la part de la Nouvelle Gauche (Voir aussi : Nguyen Ngoc Loan). Certains Américains s'opposent à la guerre sur des bases morales, la voyant comme une guerre destructrice attentant à l'indépendance du Viêt Nam, ou comme une intervention dans une guerre civile étrangère ; d'autres s'y opposent car on manque d'objectifs clairs, et qu'elle apparaît alors comme vouée à l'échec. Certains des activistes sont eux-mêmes des vétérans du Viêt Nam, comme en témoigne l'organisation des Vétérans du Viêt Nam contre la Guerre.

Le Viêt Nam au centre des élections américaines

En 1968, le président Lyndon Johnson débute sa campagne de réélection. Un membre de son propre parti, Eugene McCarthy, se présente contre lui pour l'investiture sur une plate-forme anti-guerre. McCarthy perd les premières élections primaires dans le New Hampshire, mais il provoque la surprise en réalisant un score élevé contre le sortant. Le coup porté à la campagne de Johnson, combiné à d'autres facteurs, le mène à annoncer qu'il retire sa candidature, lors d'un discours télévisé surprise. Il y annonce conjointement le démarrage des pourparlers de Paix de Paris avec le Viêt Nam. Se saisissant de l'opportunité causée par l'abandon de Johnson, Robert Kennedy brigue alors l'investiture sur une plate-forme anti-guerre. Le vice-président de Johnson, Hubert Humphrey, se porte également candidat, promettant de continuer d'aider le gouvernement du Sud Viêt Nam. Robert Kennedy est assassiné durant cet été, et McCarthy est incapable de contrer le support dont Humphrey jouit dans l'élite du parti. Humphrey gagne l'investiture de son parti, et se présente contre Richard Nixon dans les élections générales. Pendant sa campagne, Nixon dit avoir un plan secret pour terminer la guerre.

Nixon et son plan de désengagement progressif

Nixon est élu président et démarre sa politique de lent désengagement de la guerre. Le but est d'aider progressivement le Sud à construire sa propre armée en sorte qu'il puisse poursuivre la guerre par lui-même. Cette politique devient la clé de voûte de la « doctrine Nixon ». Appliquée au Viêt Nam, la doctrine devient la « vietnamisation ». Le but de la vietnamisation est de permettre à l'armée du Sud Viêt Nam de tenir de mieux en mieux contre le FNL et l'armée du Nord Viêt Nam, et surtout de ne plus faire subir autant de pertes à l'armée américaine. Cela doit aussi donner, selon le bon mot de Mr Kissinger, « l'intervalle nécessaire » au désengagement des troupes américaines. Les soldats du Sud Viêt Nam seront formés par les américains.

Les massacres de My Lai dans un pays dévasté

La probité de la conduite des États-Unis durant la guerre continue à alimenter les discussions durant la présidence Nixon. En 1969, il apparaît que le lieutenant William Calley, chef de section au Viêt Nam, a conduit un massacre de civils vietnamiens (y compris de petits enfants) à My Lai un an auparavant. Le massacre ne fut stoppé que lorsque deux soldats américains en hélicoptère remarquèrent le carnage et intervinrent pour empêcher leurs compatriotes d'assassiner plus de civils. Bien qu'il soit incarcéré pour le massacre de My Lai, Calley ne reçoit qu'une sentence légère à son procès en cour martiale en 1970 et est ensuite gracié par le président Nixon. 1970

Pertes humaines

Des millions de Vietnamiens sont morts des conséquences de la guerre du Viêt Nam. Il est toujours très difficile d'estimer le nombre de tués dans tout conflit. Les registres officiels sont difficilement consultables, quand ils existent, et nombreux parmi les tués furent littéralement déchiquetés par les bombardements. Il est ainsi très difficile de s'accorder exactement sur ce qui doit compter comme « victime de guerre du Viêt Nam » ; des gens sont encore aujourd'hui tués par des munitions non explosées et des mines, particulièrement les bombes à fragmentation. Les effets sur l'environnement des agents chimiques (tels que l'agent orange qui est un défoliant très utilisé par les Américains), ainsi que les problèmes sociaux colossaux causés par la dévastation du pays après tant de morts ont certainement réduit la durée de vie de beaucoup de survivants. Les estimations de pertes les plus basses, basées sur les déclarations (à présent reprises) du Nord Vietnam étaient autour de 1,5 millions de Vietnamiens tués. Le Viêt Nam a annoncé le 3 avril 1995 qu'un total d'un million de combattants communistes vietnamiens et quatre millions de civils avaient été tués durant la guerre. La validité de ces chiffres n'a généralement pas été contestée. Les pertes du Sud Vietnam sont estimées à 255.000 militaires et 430.000 civils tués dont 80.000 en 1974, soit plus que toute autre année de guerre, alors que les forces US avaient été évacuées. On estime par ailleurs à environ 58 000 le nombre de soldats américains tués.

Le Cambodge dans la guerre et le soutien U.S. des Khmers rouges

Les États-Unis organisent un coup d'état au Cambodge le 18 mars 1970, avec l'aide du Maréchal Lon Nol, pour renverser le roi Norodom Sihanouk accusé de ne pas lutter contre les Viêt-cong utilisant son territoire. Parallèlement, Nixon ordonne une incursion militaire au Cambodge afin de détruire les refuges Viêt-cong bordant le Sud Vietnam. Beaucoup pensent que les Khmers rouges ne se seraient probablement pas emparés du pouvoir, tuant une grande partie (de 900 000 à 2 millions) de leur population, sans la déstabilisation causée par la guerre. En particulier à cause des campagnes de bombardements américaines dites de « nettoyage des sanctuaires » au Cambodge. Le soutien américain et d'autres nations occidentales à ce mouvement maoïste après l'invasion du Cambodge en 1979 par le Viêt Nam s'explique par son caractère anti-soviétique, mais celui-ci était en réalité la conséquence d'un soutien en profondeur par la Chine, alors en conflit politique avec l'URSS.

Le retrait US et la réunification du Viêt Nam

Premieres tentatives: l'offensive Eastertide (1972)

Trompé par la médiocrité des troupes sud-vietnamiennes lors de l'opération Sam Long 719 [1] en 1971 et encouragé par le retrait des troupes américaines ainsi que par la puissance du mouvement anti-guerre qui interdit tout retour des troupes américaines, le Nord Vietnam lance une offensive générale contre le sud en mars 1972. Ce fut la première tentative d'invasion d'importance depuis la bataille de Dai Do en mai 1968. L'offensive dura de mars à octobre 1972. Les dernières unités combattantes américaines quittent le sud le 23 août 1972. Soutenus par d'intenses barrages d'artillerie et de nombreux chars d'assaut, 200 000 soldats communistes traversent la zone démilitarisée vers le sud le 30 mars 1972 et balaient les unités sudistes. Après la panique initiale, les sud-vietnamiens se ressaisissent, regroupent leurs unités et contre-attaquent. Ils ralentissent puis arrêtent l'offensive nordiste. Aidés d'un important appui aérien américain, ils repoussent ensuite les nordistes de juin à octobre. Entre avril et octobre, l'US Air Force est autorisée à bombarder [2] quasiment tout le Vietnam du Nord afin de le forcer à négocier. Rompues le 4 mai suite à l'attaque du Nord, les négociations reprennent le 13 juillet à Paris entre Henry Kissinger et Le Duc Tho. Elles visent à permettre aux américains de sortir d'une guerre impopulaire tout en maintenant un équilibre entre le Nord et le Sud.
Le 8 octobre, les deux parties s'accordent sur d'importantes concessions mutuelles. Cependant, bien qu'il soit conscient que le Sud Vietnam dépendait de l'appui aérien américain et que le retrait de ces derniers affaiblissait considérablement le Sud Vietnam, le président Thieu se montra peu enthousiaste à accepter un cessez-le-feu de facto. De leur côté, les Nord-Vietnamiens n'étaient pas intéressés par un accord de paix à long terme, leur objectif restant toujours d'envahir le Sud Vietnam afin de réunifier le Viêt Nam. Afin de lever l'obstacle sud-vietnamien, Nixon promit à Thieu un soutien inconditionnel et des représailles massives si le Nord Vietnam violait les termes du traité de paix. Afin de lever l'obstacle nord-vietnamien, Nixon ordonna un arrêt des bombardements le 22 octobre bien que les troupes nord-vietnamiennes occupent toujours la zone démilitarisée au Sud. Du fait de leur double mauvais calcul, les Nord-Vietnamiens subissent une défaite cuisante (100 000 hommes contre 40 000 pour le Sud) et abandonnent un important matériel (la moitié de leur puissance de feu). L'échec de l'offensive Eastertide coûtera son poste à Vo Nguyen Giap qui laissa la place à Van Tien Dung qui était d'une tout autre envergure. Les accords de paix de Paris sont finalement signés en janvier 1973 et reconnaissent la présence de troupes nordistes au Sud.

Seconde tentative

Cependant, la paix n'est toujours pas garantie et le nouveau général nordiste prépare l'offensive finale qui vaincra le Sud. Ainsi, malgré le traité de paix, les attentats et les embuscades continuent au Sud. Bien que Nixon ait promis au Sud Vietnam qu'il lui apporterait un support militaire dans l'éventualité d'un effondrement de la situation militaire, le Congrès des États-Unis vote contre tout support financier à des actions militaires dans cette région. Nixon se bat alors aussi pour sa propre carrière politique dans le scandale du Watergate grandissant. Ainsi aucun des soutiens militaires promis pour la défense du gouvernement du Sud Vietnam n'est envoyé, bien que l'aide économique continue. Elle est cependant presque totalement aspirée par la corruption dans le gouvernement sud-vietnamien, et peu vient effectivement alimenter l'effort de guerre. Le 94e Congrès des États-Unis vote pour que toute aide soit supprimée pour le début de l'année fiscale 1975-76 (1 juillet 1975). De plus, les États-Unis retirent unilatéralement leurs dernière forces du Viêt Nam en 1973, repli terminé le 29 mars. L'armée du Sud ne dispose plus de l'appui aérien américain. Enfin, début 1975, les réserves de munitions, minées par l'inflation et la disparition de l'aide américaine, atteignent un niveau dramatiquement bas pour le Sud. Cependant au Nord, il devenait clair qu'empêtré dans ses difficultés, Nixon ne bougerait pas, tandis que l'appui soviétique et chinois augmentait en conséquence, le risque de confrontation directe entre Grands ayant disparu. Les pertes de la défaite 1972 sont ainsi comblées. L'armée du Nord a laissé entre 10 et 12 divisions au Sud après le traité de Paris en plus d'environ 300 000 combattants du Viêt Cong (la guérilla communiste au Sud). À la fin de 1974, en claire violation des accords de paix, 100 000 soldats supplémentaires s'infiltrent au Laos et au Cambodge dans des camps frontaliers puis dans les zones « libérées » au sud. En décembre 1974, les Nord-Vietnamiens font une nouvelle tentative en envahissant la province de Phuoc Loc depuis le Cambodge. Le 17 janvier 1975, ils occupent la capitale régionale de Phuoc Binh, à 160 km de Saigon. Les sudistes perdent 3 000 soldats. Seules quelques protestations diplomatiques répondront à cette violation du traité de paix. Le président sud-vietnamien, Nguyen Van Thieu, décida d'étaler les forces armées du sud afin de couvrir tout le territoire, qui, contrairement au Nord Vietnam, s'étalait tout en longueur. Son but était de prévenir les incursions des unités nord-vietnamiennes qui s'infiltraient au sud via la route Ho Chi Minh au Cambodge. Ce faisant, en dispersant ses forces, il commettait la même erreur que les Français en 1939 alors que les Nord-Vietnamiens se préparaient à frapper en force à l'endroit de leur choix.

Troisième tentative: la prise des plateaux du centre (Tay Nguyen)

En mars 1975, le Nord lance de multiples petites attaques de diversion sur les provinces du nord afin de dérouter l'état-major sudiste et le forcer à laisser ses troupes dispersées. Mais le gros de ses forces est engagé afin d'envahir la province du Darlac au centre, se plaçant ainsi en position de couper le Sud Vietnam en deux. Croyant à une simple opération de diversion, les sudistes n'enverront aucun renfort pour stopper l'attaque sur Buon Me, tandis que les accrochages au nord provoquent le blocage des routes par les réfugiés. Rapidement, l'offensive sur les plateaux du centre tourne à la catastrophe pour les troupes sudistes qui sont submergées par le nombre. Paniqué, Thieu ordonne la retraite sur Da Nang à la 1 division d'infanterie (sa meilleure unité), alors stationnée autour d'Hue. Puis un contre-ordre lui ordonne de revenir sur ses positions mais il est déjà trop tard. Dispersées sur les routes, gênées par le flot de réfugiés, les meilleures troupes sudistes se font tailler en pièces en rase-campagne. Thieu ordonne ensuite un retrait général de la cité de Pleiku qui commande les plateaux centraux et qui était le siège de l'état-major du général Pham Van Phu. Celui-ci, un homme incompétent et corrompu qui ne devait sa position qu'à son soutien politique à Thieu « organise » la retraite : il évacue sa famille et ses principaux officiers sur Nha Trang puis Saigon tandis qu'il abandonne ses troupes sur place. Celles-ci, privées de commandement, fuient vers la côtes dans les petites routes de campagne au milieu des réfugiés. À leur tour elles se font tailler en pièces. Hue (l'ancienne cité impériale) tombe le 25 mars puis Da Nang, (la seconde cité du Viêt Nam) le 2 avril. Après avoir pris les plateaux centraux et coupé les forces sudistes en deux, puis écrasé la partie nord, les troupes communistes se tournèrent ensuite vers le Sud tandis que de nouvelles troupes franchissaient la frontière depuis le Nord Vietnam.

La chute de Saigon

Début avril, la région de Saigon est encerclée. Après une quinzaine de jours de combat acharné, le président Thieu démissionna le 21 avril et fut remplacé par le vice-président Tran Van Huong, qui fut lui-même remplacé par Duong Van Minh le 28 avril. Après que les communistes aient refusé toute négociation, Duong Van Minh ordonna la reddition des troupes sudistes le 30 avril, qui est acceptée par le Nord Vietnam, tandis que des hélicoptères américains surchargés évacuent la ville et que les premiers boat people font leur apparition. Le Nord Vietnam annexe le Sud du pays le 2 juillet 1976 pour créer la République socialiste du Viêt Nam. Saigon est renommée Hô Chi Minh Ville en l'honneur du président précédent du Nord Vietnam. De 1975 à 1982, 65000 personnes furent exécutées au Viêt Nam et plus d'un million furent envoyées en "camps de rééducation" pour une période plus ou moins longue. Plus d'un million de Sud-Vietnamiens fuirent le pays. Au total, 3 millions de personnes quittérent l'Indochine entre 1975 et 1997 selon le Haut-Commissariat au Réfugiés des Nations-Unies. Afin de détruire les stocks d'armes du Viet-Cong, les troupes américaines et du Sud organisent un raid sur le Cambodge. La désorganisation du commandement et la plus forte concentration de D.C.A. jamais vue feront subir de lourdes pertes au troupes sudistes. [2] l'armée du Sud bombarda au napalm le 8 mai le village de Trang Bang qui sera immortalisée par la photo de Kim Phuk.

Débat sur la guerre du Viêt Nam

Voir :
- Amnésie sélective de guerre
- Troubles comportementaux de guerre

Livres sur ou ayant pour cadre la guerre du Viêt Nam


- Cruel avril, 1975, la chute de Saigon, documentaire d'Olivier Todd
- Riz noir, roman d'Anna Moï

Films sur la guerre du Viêt Nam


- Apocalypse Now (Apocalypse Now)
- Full Metal Jacket (Full Metal Jacket)
- Platoon (Platoon)
- Good Morning Vietnam (Good Morning Vietnam)
- Forrest Gump (Forrest Gump)
- Voyage au bout de l'enfer (The Deer Hunter)
- Né un 4 juillet (Born on the fourth of July)
- Nous étions Soldats (We Were Soldiers)
- Outrages (Casualties of war) (1989) [http://www.crac.asso.fr/prog/cinehistoire/vietnam.htm Critiques historiques]

Liens externes


- Analyse radicale de la guerre dans N° 13 de la revue [http://www.revue-socialisme.org Socialisme International N° 13]
- [http://www.vietnampix.com The Vietnam war]
- [http://www.vietvet.org Vietnam Veterans] Viêt Nam Catégorie:Histoire du Viêt Nam Catégorie:Histoire contemporaine Catégorie:Guerre froide Catégorie:Histoire militaire des États-Unis ja:ベトナム戦争 ko:베트남 전쟁 simple:Vietnam War th:สงครามเวียดนาม

Guerre d'Algérie

catégorie:Histoire contemporaine catégorie:Algérie Algérie Catégorie:Guerre d'Algérie La guerre d'Algérie (noms alternatifs, selon les points de vue : guerre d'indépendance algérienne ou les évènements en Algérie) se déroule de 1954 à 1962 et est — de la part du Front de libération nationale (FLN) soutenu par une infime minorité du peuple algérien (en majorité par la suite) et quelques politiques français d'extrême gauche (envoi d'armes et d'argent) appelés les « porteurs de valise » — une période de violence contre la population non-musulmane et de lutte contre l'administration française. Il ne s'agit donc pas d'une guerre proprement dite, entre deux états souverains. La principale cause du déclenchement de cette « guerre » réside dans le blocage, due au fragile équilibre du pouvoir sous la IV République, de toutes les réformes. Alors que des dizaines de milliers d'algériens, estimés à 68 000 combattants, ont participé à la libération de la France et que plusieurs intellectuels revendiquent l’égalité des droits (les algériens autochtones sont à l'époque considérés comme des citoyens de seconde zone par le régime de l'indigénat). Les représentants des colons au parlement français constituent une minorité de blocage. Prémices de cette « guerre », le Massacre du huit Mai 1945 commence par un soulèvement organisé par le peuple algerien. Plusieurs milliers de civils sont assassinés(45000). Certains colons organisés en milices pratiquent une répression aveugle et sont responsable d'un véritable massacre. L'armée française qui a reçu l'ordre de rétablir l'ordre le fait sans ménagement pour la population civile musulmane. Elle couvre les colons : aucune enquête sérieuse n'a été menée par la France pour retrouver et punir les coupables. À partir de 1954, le combat armé pour l'indépendance de l'Algérie arabe et musulmane se traduit par des exactions contre les populations civiles d'origine européenne ainsi que par une guérilla, des maquis et des affrontements contre l'armée française, qui comprend également des unités de supplétifs musulmans appelés « Harkis ». Le FLN va rapidement se radicaliser et utiliser le terrorisme. Les civils européens sont très tôt pris pour cible dans des attentats terroristes ou des massacres comme à El Alia. Les représailles de l'armée sont extrêmement dures, avec notamment des opérations de renseignement impliquant le recours à la torture. Les militaires tortionnaires justifiaient l'utilisation de la torture comme étant un moyen d'endiguer les attentats, notamment pendant la bataille d'Alger. Dans le même temps le FLN s'attaque férocement à toutes les autres organisations nationalistes. En réaction au terrorisme du FLN, l'OAS mène une campagne d'attentats terroristes, surtout pendant quelques mois entre février 1961 et juin 1962. Cette soi-disant campagne contre-terroriste se termine par un affrontement avec l'armée française et un attentat contre le général De Gaulle (le Petit Clamart). Cette guerre s'achève par l'indépendance de l'Algérie le 1962, sans qu'aient été ratifiés par les représentants algériens les fameux accords d'Évian. Le droit, bafoué dès les premiers instants, n'allait pas cesser de l'être pour longtemps.

Contexte

Ce conflit s'inscrit dans le cadre du processus de décolonisation qui se déroule après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour la France, cela concerne entre autres l'Algérie, l'Indochine, Madagascar, le Maroc, la Tunisie, l'Afrique équatoriale française et l'Afrique occidentale française. Le cas de l'Algérie se différencie des autres en ce sens qu'elle appartenait officiellement au territoire français, avec un million de citoyens (les « Pieds-Noirs ») qui y vivent, souvent depuis plusieurs générations et près de 9 millions de non-citoyens appelés « indigènes ». L'Algérie - sous administration française depuis 1830 - est considérée comme faisant partie du territoire national. De 1954 à 1962, l'Algérie compte :
- 3 départements en 1954
- 4 fin 1955
- 12 en juin 1956
- 15 départements à partir de 1958 (chefs-lieux : Alger, Batna, Bône, Constantine, Médéa, Mostaganem, Oran, Orléanville, Sétif, Tiaret,Tizi Ouzou, Bougie, Saïda, Ouargla, Colomb-Béchar) Cette « guerre » — qui sera longtemps désignée sous le nom « d'événements d'Algérie » — est surtout, sur le plan militaire, une guérilla. Elle oppose l'armée française dans toute sa diversité, faisant cohabiter commandos de troupes d'élites (parachutistes, légionnaires) et appelés du contingent à des commandos combattants du FLN très mobiles. Elle se double d'une guerre civile, aussi meurtrière, qui voit la victoire du FLN sur ses rivaux algériens, notamment le MNA (Mouvement National Algérien). Le FLN ne laisse aucune place aux modérés. La victoire du FLN conduira a un régime totalitaire interdisant toute forme d'opposition pour de longues années.

Le Front de libération national

La lutte pour l'égalité des droits est engagée depuis longtemps par des intellectuels. Le mouvement des oulémas. Le recours à la violence est initiée par le Front de libération nationale ou FLN, une organisation nationaliste algérienne basé en Algérie et à l'extérieur. Le FLN commence ses actions en 1954, seulement deux ans avant que la Tunisie et le Maroc obtiennent leur totale indépendance par la négociation (la Tunisie et le Maroc n'étaient pas des colonies mais des protectorat). Faux! L'Algérie, Etat plusieurs fois millénaire, n'a pas cessé de combattre le colonialisme français depuis 1830. Les interprétations à partir des lois françaises conduit à toutes sortes de fautes. Aujourd'hui encore on fait une loi qui parle de bienfaits de la colonisation- Quel scandale!

Chronologie

Début des hostilités

Tôt le matin du 1 novembre 1954, les maquisards du FLN déclenchent des attaques dans diverses régions de l'Algérie contre des installations militaires, commissariats, entrepôts, équipements de communications, et des bâtiments publics. Plusieurs soldats et des civils français sont ciblés faisant du FLN une organisation de résistance. Parmi les premières victimes, dans les gorges de Tighanimine Aurès, à 7 heures du matin, les maquisards bloquent l'autocar et font descendre ses deux passagers français, un couple d'instituteurs, les Monnerot, et le caïd de la localité voisine de M'chounèche, Hadj Sadok. Ce dernier, ancien officier de l'armée française, est abattu lorsqu'il veut sortir un pistolet de sa gandoura. La rafale tue Guy Monnerot qui se tient à ses côtés. Sa femme est grièvement blessée. Depuis Le Caire, le FLN diffuse une émission radiophonique invitant le peuple d'Algérie à s'associer dans une lutte nationale pour la « restauration de l'État algérien, souverain, démocratique et social, dans le cadre des principes de l'islam » et de mettre fin à une colonisation qui dura près d'un siècle et demi : :« Pour prouver notre désir réel de paix, limiter les pertes en vies humaines et les effusions de sang, nous avançons une plate-forme honorable de discussion aux autorités françaises si ces dernières reconnaissent une fois pour toutes aux peuples le droit à disposer d'eux-mêmes. :# La reconnaissance de la nationalité algérienne par une déclaration officielle abrogeant les édits, décrets et lois faisant de l'Algérie une terre française en déni de l'histoire, de la géographie, de la langue, de la religion et des mœurs du peuple algérien. :# L'ouverture des négociations avec les porte-parole autorisés du peuple algérien sur les bases de la reconnaissance de la souveraineté algérienne. » Le ministre socialiste français de l'intérieur, François Mitterrand répond alors que « la seule négociation possible est la guerre ». C'est également la réaction du président du Conseil Pierre Mendès France, qui, quelques mois auparavant, a mis un terme à l'empire de la France en Indochine, ces positions reflètent la tonalité de la politique française pendant les cinq années à venir. Le 12 novembre, il déclare à l'Assemblée nationale : :« À la volonté criminelle de quelques hommes doit répondre une répression sans faiblesse. Qu'on n'attende de nous aucun ménagement à l'égard de la sédition, aucun compromis avec elle. On ne transige pas lorsqu'il s'agit de défendre la paix intérieure de la Nation et l'intégrité de la République. Les départements d'Algérie font partie de la République, ils sont français depuis longtemps. Jamais la France, jamais aucun parlement, jamais aucun gouvernement ne cédera sur ce principe fondamental. L'Algérie, c'est la France et non un pays étranger que nous protégeons ».

1955, l'état d'urgence et la mobilisation du contingent

Le 3 avril, Edgar Faure promulgue l’État d'urgence en Algérie. Le 30 septembre, le problème de la « question algérienne » est inscrit à l’ordre du jour de l'Assemblée générale des Nations unies.

1956, les pouvoirs spéciaux, le congrès de la Soummam

Le congrès de la Soummam est tenu le 20 août 1956 à Ifri-Ouzellaguen dans une petite maison berbère, dans le département de Béjaïa. Une région montagneuse très difficile d'accès en Kabylie. C'est à ce congrès qu'il y a eu les fondement de l'État Algérien dans la plate-forme politique de la Soummam adoptée par le Front de Libération National, organisé principalement par Abane Ramdane.

1957, la bataille d'Alger, la torture, les barrages aux frontières, affrontement FLN-MNA

1958, le 13 mai, l'arrivée du général de Gaulle, la « paix des braves », le GPRA, la bataille des frontières, le pétrole, le plan de Constantine

1959, le droit à l'autodétermination, le plan Challes

1960, l'affaire Si Salah, les premières négociations à Melun

1961, l'OAS, le putsch, les négociations à Lugrin, arrêt des opérations offensives


- Voir Putsch des généraux

1962, les accords d'Évian, le chaos, l'indépendance et l'exode


- voir Accords d'Évian

Bibliographie


- Guy Hennebelle, Mouny Berrah, Benjamin Stora, La Guerre d'Algérie à l'écran, Cinémaction, 1997.

Voir aussi


- Algérie
- Accords d'Évian
- Front de libération nationale
- Harkis
- Organisation armée secrète
- Putsch des généraux
- Fusillade de la rue d'Isly
- Débat sur les crimes de guerre
- Amnésie sélective de guerre
- Troubles comportementaux de guerre

Liens externes


- [http://www.algerie-francaise.org 1954 - 1962 Toute l'histoire de l'Algérie Française]
- [http://www.el-mouradia.dz/francais/symbole/textes/1nov54.htm Appel du 1er novembre 1954]
- [http://www.bok.net/pajol/manif121.html Manifeste des 121]
- [http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-384877,0.html/ Article du Monde, octobre 2002]
- [http://perso.wanadoo.fr/maguerredalgerie/ Témoignage d'un appelé puis maintenu (1955-1957)]
- [http://www.refractairesnonviolentsalgerie1959a63.org/ Les réfractaires non violents à la guerre d'Algérie] ja:アルジェリア戦争

Charles de Gaulle

Charles André Joseph Marie de Gaulle (22 novembre 1890 - 9 novembre 1970), militaire de carrière et homme d'État français du , fondateur de la V° République. Son patronyme ne contient pas une particule nobiliaire mais une forme dialectale de l'article ; on devrait logiquement l'écrire De Gaulle comme on écrit Le Châtelier, mais l'usage a consacré la minuscule. (Sur la famille, voir Famille de Gaulle)

Éducation


- Né à Lille le 22 novembre 1890 dans une famille catholique et cultivée, de Gaulle était le fils d'un enseignant d'école libre qui lui fit découvrir les œuvres de Barrès, Bergson et Péguy. Lors de la crise politique résultant de la séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905, il est amené à poursuivre ses études en Belgique, première expérience d'exil. Entré 119e sur 221 à l'École militaire de Saint-Cyr en 1908 après avoir fait ses classes préparatoires au collège Stanislas de Paris, il en sortit diplômé en 1912 - Promotion Fès dont le major fût le futur maréchal Juin- et rejoignit l'infanterie. Affecté au 33 Régiment d'Infanterie d'Arras, il est alors sous les ordres du Colonel Philippe Pétain.

Première Guerre mondiale

Philippe Pétain
- Lieutenant au début de la Première Guerre mondiale, il est ensuite promu Capitaine en janvier 1915. Blessé dès son premier combat à Dinant le 15 août 1914, il rejoint le 33 RI. sur le front de Champagne pour commander la 7 compagnie. Il est blessé à nouveau le 10 mars 1915 (main gauche), sur la Somme. Décidé à en découdre, il désobéit à ses supérieurs en faisant tirer sur les tranchées ennemies. Cet acte lui vaut d'être relevé huit jours de ses fonctions. Officier tatillon, volontiers cassant, son intelligence et son courage face au feu le distinguent au point que le commandant du 33 RI lui offre d'être son adjoint.
- Le 2 mars 1916, son régiment est attaqué et presque détruit par l'ennemi en défendant le village de Douaumont, près de Verdun. Sa compagnie est anéantie après un combat sans merci et les survivants encerclés. Il tente alors une percée et, pour la 3 fois, il est blessé, très gravement d'un coup de baïonette. Il se rend aux troupes allemandes, est soigné et interné.

- Après une tentative d'évasion manquée, Il est transféré au Fort d'Ingolstadt, en Bavière, un camp de représailles destiné aux officiers remuants. Il y croise le futur Général Catroux,le journaliste Rémy Roure, l'éditeur Berger-Levrault et le futur Maréchal soviétique Toukhatchevski. Un « lamentable exil », c'est en ces termes qu'il décrit à sa mère son sort de captif. Pour tromper l'ennui, de Gaulle organise pour ses compagnons de captivité des exposés magistraux sur l'état de la guerre en cours. Mais surtout, il tente de s'évader à cinq reprises, sans succès. Il est libéré après l'armistice. De ces deux ans et demi de captivité, il en gardera un souvenir amer, estimant être un « revenant », un soldat inutile qui n'a servi à rien. Il gardera toutefois de la Grande Guerre une élévation à la dignité de Chevalier de la Légion d'Honneur (23 juillet 1919).

Seconde Guerre mondiale


- Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il est Colonel, commandant le 507e régiment de chars, à Metz. Le 14 mai 1940, il est désigné pour commander la nouvelle 4 Division cuirassée (5000 hommes et 85 chars) avec laquelle il exécuta une contre-attaque vers Moncornet, au nord-est de Laon. Le 1 juin, il fait fonction de Général de brigade à titre temporaire. Le 6 juin 1940, Paul Reynaud le nomme Sous-secrétaire d'État à la guerre. En tant que membre du cabinet il s'oppose à l'armistice et quitte la France pour l'Angleterre le 15 juin lorsque le Maréchal Pétain prend le pouvoir (il désapprouve la politique de Pétain qui cherchait à signer l'armistice avec les Allemands).

Appel du 18 juin

Pétain Pétain
- Le 18 juin, de Gaulle se prépare à parler au peuple français via la BBC, depuis Londres.Le cabinet britannique tente de s'y opposer,mais Churchill le soutien. Depuis la France, l'appel du 18 Juin put être entendu à 19 heures. De ce jour, ce texte demeure l'une des plus célèbres allocutions de l'histoire de France. Ci-contre l'affichette placardée dans toute la ville de Londres, souvent confondue avec l'Appel, ce qui irritait fortement le général.
- Le gouvernement britannique avait au préalable proposé au ministre français de l'Intérieur Georges Mandel de passer en Angleterre et de lancer lui-même un appel. Mandel s'était par ses avertissements répétés contre les menaces du III Reich — et en opposition à ce sujet avec son ami le Président du Conseil Léon Blum — signalé comme un homme d'État et de caractère. Mandel refusa de quitter la France pour ne pas prêter le flanc à une critique de désertion qui aurait aussitôt été exploitée (il était israëlite) et recommanda que ce discours fût confié à de Gaulle.

France Libre

France Libre
- De Londres, de Gaulle forme d'abord et dirige les Forces françaises libres. En France, de Gaulle est condamné par contumace à la peine de mort en juillet 1940 pour trahison. Obtenant le ralliement de plusieurs possessions coloniales françaises, surtout en Afrique, il constitue la France Libre, gouvernée par son Comité National Français. Mais il fait surtout en sorte que la France reste présente dans le camp allié, par ses Forces françaises libres (FFL) qui continuent le combat sur les différents fronts. En outre, il stimule et obtient le ralliement de la résistance intérieure, grâce au Colonel Passy, à Pierre Brossolette et à Jean Moulin, ce qui le conduit à transformer la France libre en France combattante.
- De Gaulle est l'incarnation de la France pendant la Guerre. Il s'appuie dès juin 1940 sur la France Libre et n'a de cesse que de protéger les intérêts de la France dans la guerre et après le conflit. Il obtient ainsi de Churchill la signature de l'accord des Chequers (7 août 1940) par lequel la Grande-Bretagne s'engage à sauvegarder l'intégrité de toutes les possessions françaises et à la « restauration intégrale de l'indépendance et de la grandeur de la France ». Le gouvernement britannique s'engage de plus à financer toutes les dépenses de la France Libre, mais de Gaulle insiste pour que ces sommes soient des avances remboursables et pas des dons qui jetteraient une ombre, aussi ténue soit elle, sur l'indépendance de son organisation. Les sommes dites seront effectivement remboursées, et bien avant la fin de la guerre. Sur les questions de principes, de Gaulle était intraitable.
- Malgré les relations de confiance scellées par traités entre Churchill et de Gaulle, les deux géants ont des relations parfois tendues, mais jamais malsaines. Et quand Churchill, à court d'argument lance à de Gaulle « Mais vous n'êtes pas la France ! Vous êtes la France combattante, nous avons consigné tout cela par écrit », de Gaulle réplique immédiatement : « J'agis au nom de la France. Je combats aux côtés de l'Angleterre mais non pour le compte de l'Angleterre. Je parle au nom de la France et je suis responsable devant elle ». Churchill abdique alors en poussant un « J'avais espéré que nous pourrions combattre côte à côte. Mais mes espoirs ont été déçus parce que si vous êtes si combatif que non content de lutter contre l'Allemagne, l'Italie et le Japon, vous voulez aussi combattre l'Angleterre et l'Amérique...» De Gaulle recadre alors le débat en précisant « Je prends cela comme une plaisanterie, mais elle n'est pas du meilleur goût. S'il y a bien un homme dont les Anglais n'ont pas à se plaindre, c'est bien moi. ». Pour la petite histoire, Churchill avait surnommé De Gaulle « Jeanne d'Arc ».
- Les relations avec Roosevelt sont plus problématiques car le président américain n'a aucune confiance en de Gaulle. De fait, les deux hommes se détestent. Un mot de De Gaulle à Churchill explique en partie l'attitude française face à l'Amérique : « Je suis trop pauvre pour me courber ». Roosevelt projetait de faire de la France un État faible en détruisant sa capacité industrielle, et le projet de l' AMGOT allait d'ailleurs très loin dans cette direction, en traitant la France comme un vaincu, plutôt que comme une des puissances victorieuses. La haine de Roosevelt était tellement flamboyante (il considérait de Gaulle au pire comme un futur tyran, au mieux comme un opportuniste) que même ses adjoints finirent par en prendre ombrage, y compris le très pusillanime secrétaire des affaires étrangères Cordell Hull qui, finalement, se rangea aux côtés de la France Libre et de son chef. Certains pensent que l'une des raisons de ce revirement fut la crainte par les Américains d'un retournement la Résistance contre eux (alors même que le Débarquement était imminent) en cas d'occupation de la France.

Victoire


- Malgré son exclusion par Roosevelt du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (Opération Torch), et surtout malgré le soutien apporté par les États-Unis à l'Amiral François Darlan, puis au Général de groupe d'armées Giraud, de Gaulle réussit à prendre pied à Alger en mai 1943. Il y créé avec Giraud le Comité français de la Libération nationale (CFLN), pour unifier la direction de l'Empire libéré, et fut bientôt à sa tête. Le CFLN prit le nom de Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) en juin 1944, et se verra transféré à Paris libéré en septembre 1944.

- De Gaulle initie l'attribution du droit de vote aux femmes de France à la Libération. Cette réforme n'est que l'un des multiples aspects des réformes « gaulliennes » à la Libération, des nationalisations à la mise en place d'un système de sécurité sociale moderne, notamment (bien que pas autant que celui de l'Alsace, qui avait gardé depuis 1918 celui de Bismarck et le conserva donc). De Gaulle exposa sa vision de l'organisation politique d'un Etat démocratique et fort à Bayeux le 16 juin 1946, mais il ne fut pas suivi.

L'Après-guerre


- Après la guerre, il est brièvement Président du gouvernement provisoire à partir d'octobre 1945 mais il démissionne en janvier 1946, s'impatientant et désapprouvant la constitution de la Quatrième République. En 1947, il fonde un mouvement politique, le RPF (Rassemblement du Peuple Français) afin de transformer la scène politique française, mais il se retire de nouveau en 1953.

Le retour au pouvoir

Crise de l'Algérie


- À la suite des échecs de la Quatrième République en Indochine et Algérie, l'insurrection éclate à Alger et les putchistes civils et militaires organisent un Comité de Salut Public le 13 mai 1958 pour maintenir l'Algérie française. Celui-ci est récupéré par les gaullistes. Les élus de la Nation reculent devant l'émeute et De Gaulle prend le pouvoir (plus tard il déclarera qu'il l'a simplement ramassé) et est nommé Président du Conseil le 1 juin 1958. Il obtient quasiment les pouvoirs Constituant. Il utilise comme il l'avait annoncé ce pouvoir pour faire rédiger une nouvelle constitution selon les idées exprimées dans le Discours de Bayeux. Cette constitution met un terme à la "dictature parlementaire", responsable de l'instabilité des gouvernements et d'une politique chaotique. En septembre, un référendum approuve la nouvelle constitution à 83 %, marquant ainsi le passage à la Cinquième République. En novembre, de Gaulle remporte les élections législatives et obtient une confortable majorité. En décembre, il est élu Président de la République avec 78 % des voix au suffrage indirect par plus de 80.000 grands électeurs.

Présidence de la République


- Charles de Gaulle prend ses fonctions de Président de la République le 8 janvier 1959. Il engage de difficiles mesures pour revitaliser le pays, avec en particulier l'introduction du nouveau franc (valant 100 anciens francs).
- Sur la scène internationale, refusant la domination des États-Unis comme de l'URSS, il défend une France indépendante, dotée de sa propre force de frappe nucléaire. Il met en place également les débuts de la conquête spatiale française. En tant que membre fondateur de la CEE, il oppose son veto à l'entrée du Royaume-Uni.
- En ce qui concerne la guerre d'Algérie, de Gaulle réalise rapidement qu'il n'était pas possible de la gagner et soutint l'indépendance de l'Algérie. Avec l'armée de conscription, il fait échec au putsch des généraux à Alger en 1961. Cette attitude provoqua de fortes résistances dans certains groupes nationalistes et de Gaulle fut obligé de réprimer des soulèvements de pieds-noirs en Algérie. Il fut alors la cible d'organisations terroristes telles que l'Organisation armée secrète (OAS) qui le surnommait la « Grande Zohra ». En 1962 il signa un cessez-le-feu en Algérie, et il emporta le référendum octroyant l'indépendance, ce qui fut fait en avril 1962.
- En avril 1962, le Premier ministre Michel Debré fut remplacé par Georges Pompidou.
- En septembre 1962, Charles de Gaulle proposa d'amender la constitution afin de permettre au président d'être élu au suffrage direct. La réforme de la constitution eut lieu, malgré l'opposition du Parlement.
- En octobre, l'Assemblée nationale vota une motion de censure contre le gouvernement Pompidou, mais le général refuse la démission que lui présentait le Premier ministre et choisit de dissoudre l'assemblée. Les nouvelles élections renforcèrent la majorité parlementaire gaulliste.

Politique étrangère

gaulliste
- De Gaulle dut attendre la fin du conflit en Algérie pour lancer réellement sa politique étrangère. En effet, le « boulet algérien » réduisait considérablement la marge de manœuvre française et, d'une façon ou d'une autre, il fallait avant toute chose mettre un terme à ce conflit. La politique de « l'indépendance nationale » est alors pleinement mise en application.
- En 1962, après l'attentat du Petit Clamart, de Gaulle comprend la nécessité de doter son successeur d'une légitimité à la hauteur de celle que l'Histoire lui à donnée. Il instaure donc l'élection directe par le Peuple du Président de la République. Malgré l'opposition de la gauche et des disputes juridiques, le référendum est un triomphe.
- Le 19 décembre 1965, il fut réélu président de la République pour un nouveau mandat de 7 ans. De Gaulle n'est élu qu'au second tour de l'élection, mis en ballottage par François Mitterrand et Jean Lecanuet avec 13 083 699 voix, soit 55 %. Il est vrai qu'il n'avait pas fait de campagne électorale. Ses adversaires lui reprochaient son nationalisme et tiraient argument d'une conjoncture économique déprimée en France. Internationalement, de Gaulle continua à promouvoir l'indépendance de la France : il refusa au Royaume-Uni l'entrée dans la CEE, il condamna l'aide militaire apportée par les États-Unis d'Amérique à la République du Viêt Nam (dite Viêt Nam du Sud) contre la rébellion communiste menée par le Viêt Minh (guérilla soutenue par le Nord-Vietnam), ainsi que la riposte israélienne au blocus du détroit de Tiran par l'Égypte, lors de la guerre des six jours, et en 1966 la France se retira du commandement militaire intégré de l'OTAN, expulsant les bases américaines de son territoire, tout en restant membre de l'Alliance atlantique.
- En ce qui concerne l'Europe, de Gaulle est partisan d'une « Europe des nations », où celles-ci devront conserver leur pleine souveraineté, et contre toute Europe supranationale. C'est ce qui le conduira à mener la "politique de la chaise vide" de juin 1965 à janvier 1966.
- Le 14 décembre 1965, de Gaulle déclara : « Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l'Europe ! l'Europe ! l'Europe ! mais cela n'aboutit à rien et cela ne signifie rien. » Pourtant, c'est bien l'Europe qui fixe le cadre de son ambition, une Europe qui va même « de l'Atlantique à l'Oural », gommant d'un trait le provisoire rideau de fer. En effet, le pivot de la politique étrangère française est le rapprochement avec l'autre poids lourd du continent : l'Allemagne. C'est le vieux rêve de la diplomatie française que répète ici de Gaulle, en tournant le dos aux « Anglo-Saxons ».

- On pourrait en effet s'étonner de l'intransigeance gaullienne vis-à-vis de la Grande-Bretagne, tout particulièrement. Pour de Gaulle, comme pour Churchill d'ailleurs, la Grande-Bretagne n'avait fait que son devoir en 1940, et il n'existait pas de « dette » française envers Londres liée à la Seconde Guerre mondiale. De Gaulle désapprouvait les relations privilégiées rapprochant la Grande-Bretagne des États-Unis depuis la guerre, ainsi que la préférence économique impériale qui jouait entre celle-ci et les Etats du Commonwealth, rendant ainsi difficile son admission au sein de l'Europe. Aussi l'entrée d'un tel « cheval de Troie américain » au sein de l'Europe lui paraissait-elle non souhaitable. Les Britanniques attendront donc 1973 avant de rejoindre l'Union Européenne.
- La position de De Gaulle face au monde communiste était sans ambiguïté : il était viscéralement anti-communiste, et avait, le premier, prophétisé la chute de ce système. "La Russie boira le communisme comme le buvard l'encre". Il prône la normalisation des relations avec ces régimes « transitoires » aux yeux de l'Histoire de façon à jouer le role de pivot entre les deux blocs. La reconnaissance de la Chine communiste dès le 27 janvier 1964 va dans ce sens, de même que son voyage en URSS de juin 1966.
- Les relations entre de Gaulle et les États-Unis sont assurément les plus épicées. Malgré quelques tensions vives, de Gaulle sera toujours au rendez-vous en cas de « vrai » coup dur : Berlin ou Cuba, notamment. En revanche, dès que les Américains franchissent la ligne jaune, le « policier » de Gaulle se fait un malin plaisir à dresser publiquement un procès verbal. On garde ainsi en mémoire le discours du 31 août 1966 à Phnom Penh vilipendant l'attitude américaine au Viet-Nam, un théâtre d'opération que la France connaissait d'ailleurs fort bien...
- C'est surtout en matière de politique étrangère qu'il convient d'introduire la notion essentielle pour comprendre la pensée gaullienne : « une certaine idée de la France ». De Gaulle puise sa force dans la connaissance de l'Histoire de France. Selon lui, le poids de cette Histoire est tel qu'il donne à la France une position particulière au sein du concert des nations. Pour lui, et pour nombre de Français, l'Angleterre et les États-Unis ne sont que des rejetons de la France... De même, il estimait l'institution de l'ONU comme dérisoire et la surnommait « le machin ».

Attentat du Petit-Clamart


- Un polytechnicien ingénieur de l'armement nommé Jean-Marie Bastien-Thiry considérait l'organisation de la scission entre France métropolitaine et Algérie, même ratifiée par référendum, comme une forfaiture. Il conçut avec l'aide de personnes partageant son point de vue (appartenant à un mouvement nommé OAS - Organisation armée secrète) de s'assurer de la personne de De Gaulle ou même, si ce rapt se révélait impossible, de le tuer.
- Un attentat fut organisé au Carrefour du Petit-Clamart, depuis un restaurant aujourd'hui disparu. Il échoua, bien que la DS présidentielle montrât une trace de balle passée latéralement à quelques centimètres des visages du couple présidentiel. « Cela aurait fait une belle fin », commenta de Gaulle en regardant le trou laissé par l'impact. Parce que Bastien-Thiry avait fait tirer sur une voiture occupée par une femme, il lui refusa tout recours en grâce.
- Notons néanmoins que, bien qu'il s'agît d'un échec, cela ne stoppa pas l'OAS et que, même aujourd'hui, des gens gardent une profonde haine à l'égard de De Gaulle et de sa politique algérienne.

Force de frappe


- Convaincu de l'importance stratégique de l'arme nucléaire, De Gaulle poursuit le développement de celle-ci, sous la protestation de l'opposition qui n'y voyait qu'une bombinette. La réponse de De Gaulle sera : « Dans dix ans, nous aurons de quoi tuer 80 millions de Russes. Eh bien je crois qu'on n'attaque pas volontiers des gens qui ont de quoi tuer 80 millions de Russes, même si on a soi-même de quoi tuer 800 millions de Français, à supposer qu'il y eût 800 millions de Français ».
- Le rôle des États-Unis dans cette affaire paraît étrange. D'abord farouchement hostiles à l'idée même que la France devienne une puissance nucléaire, les États-Unis concluent, un peu vite, que la France n'est pas de taille pour ce défi technologique. Kennedy avait ensuite promis une aide dans le domaine nucléaire suite au soutien français sur les affaires de Berlin et de Cuba, mais ne tint pas sa promesse... La question nucléaire empoisonna les relations franco-américaines durant toutes les années 1960. Il fallut attendre Richard Nixon pour trouver un premier président américain clairement « gaullien ». Nixon contourne d'abord les contraignantes législations américaines dans les domaines nucléaires avant d'ouvrir officiellement la voie de la collaboration nucléaire franco-américaine. Le gros du travail est déjà fait et les « bombinettes » françaises sont déjà fort efficaces.
- François Mitterrand s'opposant de façon virulente à la bombinette, De Gaulle ne se refusa pas le plaisir de confier la supervision du projet à son frère, Jacques Mitterrand. Ainsi, « Ce que l'un critique, l'autre l'assurera », indiqua-t-il.

Conversion des dollars


- Sur la recommandation de l'économiste Jacques Rueff qui voyait la guerre au Vietnam déséquilibrer la balance des paiements, de Gaulle demanda aux États-Unis la contrepartie en or d'une forte proportion des dollars détenus par la France. L'opération était légale, car le dollar était défini officiellement par eux comme correspondant à 1/35 d'once d'or. Règlements internationaux obligent, les États-Unis durent obtempérer et l'or fut transféré en France. En 1971 les États-Unis mettaient fin à la parité pour faire flotter le dollar. De 1973 à 1975, à la suite du choc pétrolier, les cours de l'or s'envolèrent. Le conseil de Jacques Rueff s'était montré bon à long terme.

Affaire du "Québec Libre"

Lors d'une visite d'État au Canada en 1967 afin de célébrer les 100 ans de la confédération canadienne, de Gaulle provoqua l'indignation des autorités fédérales canadiennes, lorsqu'à Montréal, devant une foule de plus de 100 000 Québécois, il ponctua son discours d'un retentissant : « Vive Montréal, vive le Québec… Vive le Québec libre! », salué par une ovation générale. Cela déclencha une crise avec le gouvernement canadien. À la suite du discours de De Gaulle, qui contenait un certain nombre de clins d'œil (« Mais après tout, on se sent chez soi, ici », « Je vais vous confier un petit secret que vous ne répéterez à personne : sur mon chemin, j'ai vu une atmosphère qui m'a rappelé celle de la Libération »), le Premier ministre canadien, Lester B. Pearson déclara ces propos « inacceptables ». De Gaulle fit répondre que le mot inacceptable était lui-même inacceptable et annula unilatéralement la visite prévue à Ottawa. Il repartit séance tenante en France, délaissant le croiseur qui l'avait amené, le Colbert — moyen de transport délibérément choisi pour lui permettre d'éviter le protocole qui commandait l'arrivée via la capitale fédérale, Ottawa, chose qu'il ne pouvait se résoudre à faire, ayant été invité par le premier ministre du Québec, Daniel Johnson (père), plutôt que par le gouvernement canadien. Le but de De Gaulle n'était pas de provoquer un « clash » entre le Québec et le Canada, mais plutôt de regonfler les « Français du Canada » face aux voisins anglo-saxons. Le grand homme déclara d'ailleurs dans la foulée de cette visite au Québec, « je leur ai fait gagner 30 ans ». Sur les critiques, il eut à peu près ce mot : « il y a trois catégories de gens que cela va embêter. Les diplomates, mais bon, eux on s'en occupe, les journalistes, mais eux on s'en fout car ils n'écrivent pas l'Histoire, et puis les Anglo-Saxons. Eux ne m'ont jamais aimé, alors… »
- Dans la perspective de la Seconde Guerre mondiale, cette déclaration fut ressentie comme injuste par les Canadiens anglophones qui avaient soutenu la France Libre, alors que les Québécois francophones, soucieux de l'indépendance du Canada vis-à-vis du Royaume-Uni, étaient moins enthousiastes pour participer à l'effort de guerre. Des envoyés de la France libre, Élisabeth de Miribel et le capitaine de vaisseau Georges Thierry d'Argenlieu - dont le titre de supérieur majeur de la province des Carmes de Paris était censé lui valoir le respect des catholiques - tentèrent en 1941 de rallier les Canadiens à la cause du général de Gaulle, avec un succès tout relatif, puisque les Québécois votèrent majoritairement contre la conscription lors du plébiscite du 27 avril 1942, sans toutefois réussir à empêcher la victoire du « oui ».
- Charles De Gaulle a dit à Xavier Deniau, au moment d'embarquer à Brest, « Ils vont m'entendre là-bas, ça va faire des vagues ! ». Une semaine au paravant, se confiant à son gendre : « Je compte frapper un grand coup. Ça bardera. Mais il le faut. C'est la dernière occasion de réparer la lâcheté de la France. ». Puis, plus tard, dans l'avion du retour, se confiant à Bernard Dorin : « Ce qui vient de se produire, c'est un phénomène historique qui était peut-être prévisible mais qui a pris des formes que seul l'événement pouvait préciser. Bien entendu, j'aurais pu, comme beaucoup d'autres, m'en tirer par quelques courtoisies ou acrobaties diplomatiques, mais quand on est le général de Gaulle, on ne recourt pas à des expédients de ce genre. Ce que j'ai fait, je devais le faire. »
- Le gouvernement d'Ottawa dut dès cette époque traiter avec une attention particulière les revendications du Québec qui, fort de cet encouragement qui laissait présager un soutien fort de la France si besoin, commença à parler de faire sécession.
- Cet exemple est devenu aujourd'hui un cas d'école en théorie des jeux, au même titre que la crise des missiles de Cuba. Pour reprendre un mot prononcé par de Gaulle en d'autres circonstances : « Ils auraient voulu continuer à jouer tranquillement à la belote, mais je les ai obligés à jouer au poker, et là, je suis le plus fort ».
- Lors de sa traditionnelle conférence de presse de fin d'année, à l'Élysée, Charles de Gaulle justifia une fois de plus son geste d'éclat par un discours engagé, ponctué par un solennel « allons, allons, pour eux aussi, il faut que la France soit la France ! ».

Mai 1968


- Les manifestations durant les grèves de 1968 furent un autre défi. De Gaulle était prêt à accepter certaines des revendications des manifestants. Il voulut faire approuver les réformes par référendum mais Georges Pompidou le persuada de dissoudre plutôt l'Assemblée nationale. De Gaulle l'annonça le 30 mai 1968, dans un discours radiodiffusé, comme l'appel du 18 juin ou l'intervention de 1960 pendant les barricades d'Alger. Les phrases étaient courtes, chacune ou presque une décision :
  - « Étant le détenteur de la légitimité nationale et républicaine, j'ai envisagé, depuis vingt-quatre heures, toutes les éventualités, sans exception, qui me permettraient de la maintenir » (on savait que de Gaulle avait juste avant ce discours été voir en hélicoptère le général Massu à Baden-Baden)
  - « J'ai pris mes résolutions. Dans les circonstances présentes, je ne me retirerai pas. »
  - « Je ne changerai pas le Premier ministre, qui mérite l'hommage de tous. »
  - « Je dissous aujourd'hui l'Assemblée nationale »
  - « Je charge les préfets, devenus ou redevenus commissaires du peuple, d'empêcher la subversion à tout moment et en tous lieux »
  - « Quant aux élections législatives, elles auront lieu dans les délais prévus par la Constitution, à moins qu'on entende bâillonner le peuple français tout entier, en l'empêchant de s'exprimer en même temps qu'on l'empêche de vivre, par les mêmes moyens qu'on empêche les étudiants d'étudier, les enseignants d'enseigner, les travailleurs de travailler. Ces moyens, ce sont l'intimidation, l'intoxication et la tyrannie exercées par des groupes organisés de longue date en conséquence et par un parti qui est une entreprise totalitaire, même s'il a déjà des rivaux à cet égard » (de Gaulle opposait sans doute ainsi le Parti communiste français aux groupes maoïstes, et le premier semblait déjà bien dépassé par les événements).
- La fin du discours mentionne au sujet d'une déclaration juste antérieure, et sans la citer, « l'ambition et la haine de politiciens au rancart » et affirme qu'après avoir été utilisés « ces personnages ne pèseraient pas plus que leur poids, qui ne serait pas lourd ».
- Après les discours un peu décevants qui avaient précédé, la France semblait retrouver son de Gaulle des grands jours. Une manifestation fut organisée pour faire pendant à celle du 13 mai 1968 et fut créditée d'un million de participants selon les organisateurs, trois cent mille selon la préfecture de police. Les élections de juin 1968 furent un grand succès pour les gaullistes qui obtinrent 358 des 487 sièges. Georges Pompidou fut remplacé par Maurice Couve de Murville au mois de juillet.

Le départ

Dans un référendum portant sur le transfert de certains pouvoirs aux régions et la transformation du Sénat, de Gaulle proposait d'introduire des représentants des organisations professionnelles et syndicales au sein des conseils régionaux. Mettant tout son poids dans le référendum, il annonça à l'avance son intention de démissionner en cas de victoire du « non ». Celui-ci, auquel s'était rallié Valéry Giscard d'Estaing l'emporta par 52,46 %, et de Gaulle annonça peu après minuit (00h11): « Je cesse d'exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd'hui à midi ». Charles de Gaulle prit donc congé de la République le 28 avril 1969, prit quelque repos en Irlande (d'où il vota par correspondance), puis se retira à Colombey-les-Deux-Églises, où il travailla à l'écriture de ses Mémoires, et où il mourut le 9 novembre 1970.

Une mort humble


- Son testament reste une dernière gifle d'outre-tombe aux conventions :
  - « Je veux être enterré à Colombey ».
  - « À mes obsèques, ni présidents, ni ministres ! » (Le ministre des finances Valéry Giscard d'Estaing, s'y rendit tout de même en arguant que ce n'est pas en ministre qu'il venait, mais en simple Français). « Juste les Compagnons de la Libération » (ce qui incluait Jacques Chaban-Delmas et André Malraux). Tous les autres officiels, président Nixon compris, durent se contenter d'assister à une simple messe en son honneur au même moment à Notre-Dame de Paris. De Gaulle était le dernier des géants de la Guerre à mourir, et Notre-Dame rassembla les personnalités importantes du monde entier pour une simple messe.
  - « Sur ma tombe : Charles de Gaulle, 1890-19... Rien d'autre »
- À la différence sans doute de certains hommes politiques de son époque (il y avait eu quelques scandales immobiliers), celui-ci n'a pas profité de son passage aux affaires pour s'enrichir. Sa probité était telle qu'il ne demanda, par exemple, pas le remboursement de ses frais d'hospitalisation pour la simple raison que c'était lui qui avait mis en place le système de couverture des soins de santé. Ses héritiers durent même vendre sa propriété de la Boisserie, à Colombey. Rachetée par une souscription, elle est aujourd'hui devenue le musée Charles de Gaulle.

Le souvenir

De nombreux bâtiments publics et rues portent son nom en France. En particulier la place de l'Étoile à Paris ainsi que l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle. Son nom a également été donné au dernier porte-avions en date, le Charles de Gaulle. Curieusement, quelques années après la mort de De Gaulle, beaucoup des hommes qui l'avaient critiqué de son vivant commencèrent à se réclamer de lui. Cela a permis à beaucoup de rappeler une phrase célèbre du Général de Gaulle : « tout le monde a été, est ou sera gaulliste ». 500px

Quelques échecs

Charles de Gaulle, avant comme après son entrée en politique, ne connut pas que des réussites, et ne perçut pas quelques changements radicaux de l'époque :
- Il échoua avant la guerre à faire bouger la classe politique pour faire accepter ses théories novatrices ("Vers l'armée de métier") en matière militaire. Ce fut l'ennemi qui les appliqua, sous le nom de Blitzkrieg (guerre-éclair, consistant en chars rapides protégés par une couverture aérienne)
- Il se sentit obligé de démissionner en 1946.
- La décolonisation fut ambiguë. Jacques Foccart fut chargé de récupérer discrètement ce qu'on abandonnait officiellement. C'est ainsi que se renforcèrent les "réseaux Foccart" qui ont été ensuite dénoncés par les pourfendeurs de la Françafrique. Le 3 février 1965, alors que le président gabonais Léon Mba est rongé par un cancer, Charles de Gaulle et Jacques Foccart discutent tranquillement du nom de son successeur. Jacques Foccart, Journal de l'Élysée, tome 1, p. 58 :
Charles de Gaulle. — Alors, que va-t-on faire ?
Jacques Foccart. — Le Gabon est un pays où personne n’émerge. On parle bien du président de l’Assemblée, mais il est d’une ethnie qui ne compte que quelques milliers de membres.
Ch. De G. — Quelle est l’ethnie de Léon Mba ?
J. F. — C’est un Fang. Bongo, son directeur de cabinet, est un jeune autoritaire, qui sait ce qu’il veut, qui aurait de la fermeté, mais pas la capacité de gouverner.
Ch. De G. — On va finir par être obligés d’appeler Aubame. Où est-il Aubame ? En prison ?
J. F. — Oui, mais de toute façon, on ne peut pas envisager cela. Aubame n’oubliera pas que nous avons prêté main-forte à Léon Mba pour l’arrêter ; il nous serait systématiquement hostile. De plus, il avait partie liée avec les Américains, qui portent un intérêt considérable au Gabon du fait des mines de fer de Mekambo, et qui lorgnent aussi sur les gisements d’uranium et de manganèse.
Ch. De G. — En définitive, il reste qui ?
J. F. — Il reste Yembit, le vice-président, mais c’est un personnage sans relief. Je vais étudier la question et je vous ferai des propositions.

- L'enlèvement de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka sur le territoire français, avec le concours de policiers français, est révélateur de l'ambiguïté, non de la décolonisation (jamais le Maroc n'avait été une colonie française ; il s'agissait d'un simple protectorat), mais des relations avec l'outre-mer.
- Si une majorité de Français changea d'opinion sur la question de l’Algérie française entre 1954 et 1962, certains autres ne pardonnèrent cependant pas à de Gaulle de s'être rallié à l’Algérie algérienne alors qu'il aurait prononcé en 1958 le slogan « Vive l’Algérie française » (en réalité, jamais dans ses grands discours, et peut-être une seule fois, dans un coin perdu d'Algérie, lors d'une inspection surnommée « Tournée des popotes »). François Mitterrand a connu un revirement analogue (plus tardif) sur la question algérienne. De ce fait, de Gaulle n'a guère été aimé de la plupart des Français originaires d'Algérie, qui, déjà, pendant la guerre, avaient été en majorité pétainistes, favorables à l'amiral Darlan ou au général Giraud.
- Mais, que l'on ait été pour ou contre la politique algérienne de Charles de Gaulle, on ne peut que déplorer la mauvaise gestion du cas des Harkis (Algériens de souche qui avaient combattu dans le camp français) : une grande partie d'entre eux ne fut pas transportés en France, et parmi ceux-là, beaucoup furent enlevés et massacrés par le FLN, et les derniers ne purent être hébergés que dans des camps de regroupement en France. Son ministre Joxe s'opposa à l'asile en France de certains, après pourtant que leurs chefs les eussent fait désarmer conformément aux accords de cessez-le-feu.
- De Gaulle ne prit jamais au sérieux le besoin d'un réseau téléphonique performant en France. Il le voyait comme la poste du riche (c'est aujourd'hui devenu, les coûts s'étant croisés, la poste du pauvre). Il revint à Valéry Giscard d'Estaing de faire installer pendant son seul septennat plus de téléphones que la France n'en avait installé depuis 1900, ce qui assura alors la prospérité de la société Alcatel.
- Les atlantistes jugent que son rapprochement avec les pays de l'Est de 1966 est remis en question par certains historiens et y voient une instrumentalisation de sa politique par les Soviétiques, instrumentalisation servant leur vision de la Guerre Froide et desservant celle des États-Unis.
- De Gaulle décréta en 1967 un embargo contre Israël, parce que cet État (qui ne s'équipait qu'en matériel français, et qui seul avait soutenu chaque année la France à l'ONU, alors que celle-ci y était sans cesse mise en accusation pour l'affaire d'Algérie), avait déclenché une guerre préventive (dite des Six Jours) contre l'Égypte et ses alliés. Cet État estimait son action justifée par une déclaration officielle du président Nasser annonçant sa destruction imminente, au congédiement unilatéral par ce dictateur des Casques bleus séparant les deux pays, et au blocus du détroit de Tiran, déclenché par le feu de l'artillerie égyptienne. Cette politique poursuivie par Georges Pompidou, successeur du général, n'a pas valu à la France de reconnaissance particulière des Etats pétroliers arabes ; certains, comme la Libye, ont même dirigé des opérations terroristes contre la France ; d'autres, comme l'Irak (laïque), se sont fait équiper par la France, mais en omettant de régler quelques factures.
- Le supersonique « Concorde », qu'il a imposé, fut un échec commercial à cause du boycott américain, puis des chocs pétroliers de 1973 et 1979. Le projet Concorde avait bénéficié d'une priorité de réalisation par rapport au projet Airbus.
- Son dernier référendum, où deux questions étaient posées en même temps (accord sur la régionalisation et la réforme du Sénat) et où il cherchait à profiter de l'impulsion de Mai 1968 pour généraliser son initiative de participation des salariés au bénéfice des entreprises lui valut un abandon de soutien par la droite. Il n'obtint pas la majorité et abandonna le pouvoir. ’

Anecdotes


- Le départ des troupes de l'OTAN eut pour les adolescents des années 60 une conséquence très dure : La disparition sur la bande FM de toute la musique rock qui était destinée aux familles (résidant en France) des soldats de l'OTAN. Commença sur la bande FM un lourd silence en matière de musique pop qui ne se desserra un peu qu'en 68 avec TSF 68 (l'ancêtre de FIP). Il y avait en tout et pour tout quatre stations sur toute la bande FM. Après quelques escarmouches dont celle de Radio Fil Bleu (giscardienne, mais dissidente), les ondes se libérèrent en 1981 sous François Mitterrand, pour le meilleur comme pour le pire.
- Interrogé par le mensuel Science & vie, le président de Mensa (le club des grands QI) en Angleterre déclara « Le Général de Gaulle réussirait sans la moindre difficulté les tests d'entrée à Mensa ». Sur la même question concernant la reine Élisabeth II du Royaume-Uni, il refusa de répondre.
- Lors d'une visite en Afrique, la délégation fut soudain prise dans une nuée de moustiques. Vous ne vous grattez pas, Général?, s'enquérit la femme d'un diplomate. — Les moustiques, madame, ne piquent pas le Général de Gaulle répondit-il.
- La presse britannique (entre autres le Daily Mirror) prêta quelque temps à de Gaulle au début des années 1960 l'intention de rétablir en France la monarchie ! À l'origine de cette rumeur, une simple boutade de celui-ci au comte de Paris qui s'inquiétait de savoir qui lui succèderait, et qui s'était vu répondre : « Pourquoi pas vous, Monseigneur ? », mais qui fut sans doute prise au premier degré par des proches de l'intéressé. L'affaire paraissait si absurde en France qu'elle n'y fut reprise que par une presse spécialisée. On ignorait alors que ce que les uns prêtaient à un général français, un autre général — espagnol — était en train de le préparer avec le jeune prince Juan Carlos. De Gaulle n'avait, cela dit, rien contre la monarchie, mais l'estimait simplement devenue impossible en France.

Le jugement de l'histoire

Les années que Jean Fourastié a nommé les Trente glorieuses (1945-1975) ont laissé aux Français le souvenir d'une époque, sinon heureuse (deux guerres coloniales), au moins de croissance et — vers la fin — de prospérité. Nous ne sommes pas les plus riches, nous ne sommes pas les plus puissants, mais je vous garantis que nous sommes parmi les plus heureux, affirma Georges Pompidou lors de vœux usuels de nouvel an aux Français. Or la fin de cette période heureuse se trouve correspondre par coïncidence à peu près à celle du gaullisme : difficile dans ces conditions de séparer objectivement ce qui est dû à l'homme et à son dauphin désigné de ce qui est dû à l'économie, d'autant que les deux n'étaient pas exempts d'imbrication. Le premier président de la V République apparaît en revanche aujourd'hui comme un des derniers grands fabricants d'histoire, qui a comme on le voit plus haut su souvent mener les événements au lieu de se laisser mener par eux. Son vocabulaire non conventionnel pour un homme politique de l'époque et de cet âge (culbute, chienlit), son humour (« Croit-on que je vais commencer, à soixante-sept ans, une carrière de dictateur ? »), son sens de la répartie (au cours d'une conférence de presse, il répondit à un journaliste dont la question était simplement « Comment allez-vous ? » : « Je vais bien, mais rassurez-vous, je ne manquerai pas de mourir »), son mépris affiché des partis politiques, sa défiance envers une droite qui ne l'aimait pas et le lui fit voir en 1969, comme envers une gauche qui n'avait jamais vraiment soutenu le projet de participation (des salariés aux bénéfices de leur entreprise) qui lui était cher, tout cela a conduit nombre de Français à ressentir pour lui, fût-ce tardivement, le même genre de sympathie qu'envers Jean Yanne ou Coluche. De Gaulle, c'était, dans un esprit très « Astérix » : Le petit qui n'a pas peur des gros. On ne s'étonnera pas de sa déclaration que son livre préféré était Cyrano de Bergerac. Et il fit un jour cette remarque ironique : « Au fond, je n'ai qu'un seul rival international : c'est Tintin. »

Citations


- « Comment voulez vous gouverner un pays où il existe 365 variétés de fromage ? »
- « Je n'aime pas les socialistes parce qu'ils ne sont pas socialistes, Je n'aime pas les MRP parce qu'ils sont radicaux, Je n'aime pas mes partisans parce qu'ils aiment l'argent. » 1947
- Conférence de presse du 31 janvier 1964 : « (...) il doit être évidement entendu que l'autorité indivisible de l'État est confiée tout entiére au président par le Peuple qui l'a élu, qu'il n'en existe aucune autre, ni ministérielle, ni civile, ni militaire, ni judiciaire, qui ne soit conférée et maintenue par lui, enfin, qu'il lui appartient d'ajuster le domaine suprême qui lui est propre avec ceux dont il attribue la gestion à d'autres (...)»
- « Un pouvoir insurrectionnel s’est installé en Algérie par un pronunciamento militaire. Ce pouvoir a une apparence : un quarteron de généraux en retraite. Il a une réalité : un groupe d’officiers, partisans, ambitieux et fanatiques. [...] Au nom de la France, j’ordonne que tous les moyens, je dis tous les moyens, soient employés pour barrer la route de ces hommes-là, en attendant de les réduire. J’interdis à tout Français et, d’abord, à tout soldat d’exécuter aucun de leurs ordres.» Il conclut : « Françaises, Français, aidez-moi ! ». 23 avril 1961.
- Le 21 avril 1967, cité dans Jacques Foccart, Journal de l'Élysée, tome 1, pp. 611/612 « Eh bien, voyez ! C’est bien ce que je disais : le Parlement démontre qu’il n’est rien. Il fracasse, il pérore, il fait un peu de bruit et de scandale, mais tout cela n’émeut absolument pas l’opinion publique. […] Le Parlement, en réalité, s’est tué lui-même. Il est mort, il n’existe plus. À l’époque où nous sommes, nous ne pouvons plus continuer à croire à ces jeux stériles. D’ailleurs, personne ne s’y trompe, sauf ceux qui font profession d’y croire. Alors, bien sûr, ceux-là s’agitent, écrivent des éditoriaux dans les journaux, font des déclarations à la radio, mais tout cela, c’est de l’agitation qui ne touche pas le pays et il faut bien que vous en soyez convaincu. »
- Dialogue entre Charles de Gaulle et Jacques Foccart sur le problème des Noirs aux États-unis, de Gaulle évoquant le partage territorial pour le rejeter aussitôt (23 août 1967, cité dans Jacques Foccart, Journal de l'Élysée, tome 1, p. 693) Jacques Foccart. — En effet, c’est une solution qui échouera, parce qu’il n’est pas envisageable, dans un État du sud, de demander aux Blancs de partir pour laisser la place aux Noirs : ce serait tout de suite la guerre civile. Charles de Gaulle. — Vous avez raison. Et en plus, on s’apercevrait qu’ils ne sont rien. Car, figurez-vous, c’est quand même la caractéristique de cette race, qui produit quelques éléments qui font illusion, d’être incapable de fonder une grande nation. L’Américain noir profite de ce que les États-Unis sont une puissance supérieure ; enfin, il en profite, le malheureux, d’une certaine façon : il fait illusion. Mais si le peuple noir était livré à lui-même dans un des États d’Amérique, il n’arriverait à rien, et très vite, ce serait la dégringolade. Il crierait immédiatement à la trahison et il entrerait en état de perpétuelle rébellion. La dernière possibilité serait de les renvoyer en Afrique. J. F. ― Mon général, vous n’imaginez pas tous ces gens retournant en Afrique ! Ce n’est pas sensé, ce n’est pas possible ! Ch. De G. — Eh bien, il n’y a rien à faire. Ce sera une affaire terrible.
- Le 11 octobre 1968, cité dans Jacques Foccart, Journal de l'Élysée, tome 2, p. 383 : Jacques Foccart. — [Le trésorier de l'UDR Robert] Poujade a l’intention de proposer Papon pour le remplacer, mais il veut connaître votre avis avant. Charles de Gaulle. — Oui, Papon, c’est tout à fait convenable, c’est sérieux. En effet, c’est une bonne idée.
- Le 31 décembre 1968, cité dans Jacques Foccart, Journal de l'Élysée, tome 2, p. 515 « Il y a deux catégories de journalistes ; il y a les journalistes tout-venant, qui lisent des dépêches, etc. Pour ce travail, n’importe qui fait l’affaire. Mais il faut trouver des journalistes de qualité, qui sont chargés de faire comprendre la politique du gouvernement, de l’expliquer, de sortir un peu des textes ; ceux-là, il faut les chercher et vous devez bien en trouver. […] »
- « Si les policiers n'étaient pas bêtes, ils ne seraient pas des policiers. » Cité par Ernest Mignon dans Les mots du Général.
- « La démocratie, c'est le gouvernement du peuple exerçant la souveraineté sans entrave. » Discours du 27 Mai 1942.
- « La France ne peut être la France sans la grandeur. » Extrait de l'appel
- « Vive le Québec libre !. » Discours de l'Expo '67 à Montréal le 24 Juillet 1967.
- La citation qui lui est souvent attribuée: "La vieillesse est un naufrage" est de Chateaubriand

Famille

Voir aussi : Famille de Gaulle. Charles de Gaulle avait épousé le 7 avril 1921 Yvonne Vendroux (22 mai 1900 à Calais - 8 novembre 1979 à Paris), dont il a eu trois enfants :
- Philippe de Gaulle (28 décembre 1921 à Paris), amiral, puis sénateur.
- Élisabeth de Gaulle, née le 15 mai 1924 à Paris.
- Anne de Gaulle (1 janvier 1928 à Trèves - 6 février 1948 à Colombey-les-Deux-Églises), née handicapée mentalement. Charles avait trois frères, dont deux ont été résis

Konrad Adenauer

thumb Konrad Adenauer (1876 - 1967) était un homme politique allemand, premier Chancelier de la République Fédérale Allemande (1949-1963).

Biographie

Konrad Adenauer est né à Cologne le 5 Janvier 1876. Après des études de droit et d'économie, il choisit une carrière dans l'administration. Il devient membre du parti du Centre (Zentrum) en 1906, et en 1908 conseiller municipal de la ville de Cologne dont il sera le maire de 1917 à 1933. Il est par ailleurs membre et président du Conseil de l'Etat de Prusse de 1920 à 1933. Les Nazis le démettent de toutes ses fonctions en 1933 et il est incarcéré quelques mois le 20 juillet 1944. Après la guerre, l'administration militaire américaine lui confie à nouveau le poste de maire de Cologne, mais les Britaniques le congédient peu après, ne le considérant pas à la hauteur. Il est très actif dans le parti CDU nouvellement créé et en devient vite le chef : en 1946 il est élu président de la CDU dans la zone britanique, et de 1950 à 1966 pour l'Allemagne entière. Le 1e septembre 1948, le Conseil Parlementaire (chargé de la rédaction d'une constitution) le choisit pour président. Avec une voix d'avance il est élu Chancelier le 15 septembre 1949, poste qu'il occupera jusqu'en 1963.Par 3 fois, en 1953, 1957 et 1961 il remporte les élections législatives avec la CDU/CSU, toujours à une distance notable du SPD. En 1957 il obtient même la majorité absolue. Il a marqué la politique de son époque au point que l'on parle d'une "ère Adenauer" (en rapport aussi à sa longévité au pouvoir). Ses actions portent essentiellement sur le regain de la souveraineté allemande ainsi que son intégration au bloc de l'Ouest. Ce dernier point entraîna un vif combat avec l'opposition. Si cette politique agrava en effet le fossé séparant les deux Allemagnes, Adenauer la considérait comme indispensable : seule une Allemagne forte contre l'URSS pouvait mener à une réunification. L'Allemagne (RFA) est membre-fondateur de la CECA en 1952, puis de la CEE en 1957 lors de la signature du Traité de Rome. Elle entre au Conseil de l'Europe en 1951 et à l'OTAN en 1955. Dès 1949 Adenauer sent l'Allemagne prête à une coopération dans le domaine de la défense dans un cadre européen. Cette coopération démarre lors de la guerre de Corée et des discussions internationales qu'elle entraîne (CED en 1952, dissoute en 1954). Il demande en échange la souveraineté de l'Allemagne. Diplomatiquement, Adenauer recrée des liens avec le nouvel Etat d'Israël et se réconcilie avec la France. Le Traité de l'Elysée signé le 22 janvier 1963 annonce une coopération avec la France dans tous les domaines. Lors de sa visite à Moscou en 1955, Adenauer obtient la libération des 10 000 prisonniers de guerre allemands restants et accepte les liens diplomatiques proposés par l'URSS. Au milieu de son quatrième mandat, Adenauer démissionne le 15 octobre 1963 sous une forte pression de son propre camp. Son ministre des finances, Ludwig Erhard (père de l'économie sociale de marché) est choisi par le parlement pour lui succéder. Konrad Adenauer meurt le 19 avril 1967 à Rhöndorf. Adenauer, Konrad Adenauer Adenauer, Konrad Adenauer, Konrad ja:コンラート・アデナウアー

John F. Kennedy

John Kennedy, (1917 - 22 novembre 1963), est le trente-cinquième président des États-Unis d'Amérique. Il est élu pour un mandat à partir de 1961 et est assassiné en 1963. Connu sous son surnom Jack ou ses initiales JFK, il est le plus jeune président élu, il est aussi le plus jeune à mourir en cours de mandat suite à son assassinat moins de trois ans après son élection. En raison de son énergie, son charisme, son style et ses qualités de chef pendant la Guerre froide mais aussi en raison de sa mort prématurée J. F. Kennedy reste l'un des personnages les plus populaires du vingtième siècle.

Biographie

John Kennedy est né le 29 mai 1917 à Brookline, Massachusetts, une banlieue huppée de Boston. Ses parents, Joseph Patrick Kennedy et Rose Fitzgerald sont les descendants d'une famille originaire d'Irlande. Son père Joseph Kennedy était l'ambassadeur des États-Unis au Royaume-Uni avant la